Les Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC) sont l’application de la psychologie scientifique. Elles suivent une démarche de résolution de problème. La personne apprendra à analyser son problème, ici et maintenant, tout en prenant en compte ses causes historiques.
Le style est direct et collaboratif. Le patient, avec le thérapeute, cherche à comprendre son fonctionnement psychologique. Suite à cette phase d’analyse (analyse fonctionnelle), le but et les moyens psychothérapeutiques sont définis en collaboration avec le patient.
Le sujet effectue des exercices entre les séances, tels que:
→ Des exercices comportementaux qui visent un apprentissage de nouveaux comportements comme l’affirmation de soi.
→ Des exercices cognitifs qui ciblent les pensées inadaptées (biais cognitifs) en apprenant à les modifier, à construire de nouvelles façons de penser plus rationnelles.
→ Des exercices sur la gestion des émotions qui développent l’acceptation inconditionnelle de soi, la connaissance et la conscience de soi pour apprendre à mieux réguler ses émotions.
→ Des exercices corporels, qui s'intéressent à l’apprentissage de la détente physique et mentale (respiration carrée, relaxation, pleine conscience…).
Les exercices sont spécifiques à chaque trouble et évalués cliniquement. Les TCC font l'objet de protocoles structurés recommandés par la Haute Autorité de la Santé et leur efficacité est prouvée scientifiquement.
La thérapie brève axée sur les solutions est l'une des techniques que j'utilise dans mon travail, et aujourd'hui, je souhaite vous expliquer plus en détail comment elle fonctionne.
L'entretien dans le conseil axé sur les solutions
Comme son nom l'indique, l'entretien portera sur les solutions, c'est-à-dire sur ce qui fonctionne pour la personne.
L'entretien est centré sur l'individu, qui sera aidé à identifier ses ressources et ses forces, ce qui lui permettra de les utiliser pour atteindre ses objectifs et obtenir le changement souhaité.
En ce sens, elle est exactement à l'opposé de la plupart des approches psychologiques (et de la vision classique psychothérapeutique) qui ont tendance à se concentrer plutôt sur le problème et ses causes.
À l'inverse, les thérapeutes axés sur les solutions se tournent vers l'avenir.
L'expérience du client est importante dans la mesure où elle leur permet d'identifier les forces et les compétences qui peuvent être utilisées pour créer de nouveaux comportements orientés vers un objectif.
Aucune étiquette diagnostique
Pour ceux qui adoptent cette approche, les notions de normalité, de santé/maladie, de fonctionnement/dysfonctionnement sont proscrites.
Par conséquent, aucun diagnostic n'est posé.
La personne n'est pas considérée comme « malade » ou « affectée par des problèmes », mais plutôt comme un individu temporairement incapable de surmonter une difficulté, faute d'avoir encore trouvé la solution adéquate.
Principe d'intervention minimale
Par le biais de questions spécifiques, le thérapeute orienté solutions aide la personne à se débloquer de manière autonome. De cette manière, l'influence du professionnel est réduite au minimum, permettant à la personne de trouver elle-même la solution à son problème.
Il va de soi que ce type d'approche réduit la durée du processus, avec une moyenne de 3 à 5 séances.
Pas seulement « la résolution de problèmes »
Grâce à cette approche, nous pouvons proposer une nouvelle image du thérapeute. Il ou elle n'est plus seulement le professionnel vers lequel on se tourne lorsqu'on a des problèmes à résoudre, lorsqu'on est insatisfait de sa vie, lorsqu'on ne se sent pas bien.
C'est également le professionnel à consulter si vous souhaitez :
→ atteindre des objectifs ou surmonter des difficultés personnelles,
→ si vous voulez vous lancer des défis,
→ ou si vous vous sentez bien et souhaitez vous sentir encore mieux.
Qu'est-ce que la thérapie comportementale et dialectique ?
La thérapie comportementale dialectique (TCD) est une psychothérapie dont l'efficacité est prouvée chez les patients diagnostiqués avec un trouble de la personnalité limite, même dans les cas où des tendances à l'automutilation ou au suicide sont présentes.
Comment fonctionne la thérapie comportementale et dialectique
Étant donné que la difficulté à réguler et à gérer les émotions et le comportement est au cœur du trouble de la personnalité limite, la thérapie TCD implique une approche équilibrée entre les stratégies de changement et les stratégies d'acceptation (appelée approche dialectique), travaillant sur certains aspects psychopathologiques spécifiques, notamment la dysrégulation émotionnelle et comportementale, la gestion des crises, l'instabilité de l'image de soi et des autres, et l'instabilité des relations interpersonnelles.
En thérapie comportementale dialectique, la psychothérapie individuelle est combinée et soutenue par des interventions de groupe (formation aux compétences) visant à acquérir des compétences spécifiques en matière de régulation émotionnelle, de gestion de la souffrance et de l'anxiété, et de gestion des interactions et des relations interpersonnelles.
Efficacité de la thérapie comportementale et dialectique
La TCD est incluse dans les directives de l'American Psychiatric Association (2001) et dans les directives du NICE (2009) parmi les thérapies « fondées sur des preuves », c'est-à-dire avec une efficacité empirique prouvée, pour le traitement du trouble de la personnalité limite et pour cette raison, elle représente l'un des traitements de premier choix pour les patients atteints de ce trouble.
De nombreuses études empiriques ont démontré l'efficacité croissante de la thérapie comportementale dialectique dans le trouble de la personnalité limite, notamment en réduisant les comportements d'automutilation et suicidaires, le besoin d'hospitalisation, l'abandon du traitement, la toxicomanie et en améliorant les compétences psychosociales et de régulation émotionnelle.
Comment la thérapie comportementale et dialectique (TCD) a évolué
La TCD a été développée par Marsha Linehan, professeure et chercheuse en psychologie clinique à l'Université Washington de Seattle (États-Unis) dans les années 1980. Il s'agit d'un traitement psychothérapeutique initialement développé pour les sujets présentant des comportements parasuicidaires ou suicidaires et appliqué plus tard aux sujets atteints de trouble de la personnalité limite.
Au fil du temps, la thérapie comportementale dialectique a été adaptée au traitement d'autres affections psychopathologiques dans lesquelles la dysrégulation émotionnelle joue un rôle important, telles que les troubles alimentaires (boulimie, hyperphagie boulimique), la dépendance aux substances et à l'alcool, la tendance à l'automutilation et les idées suicidaires à l'adolescence.
La théorie biosociale sur laquelle repose la thérapie comportementale dialectique
Selon la TCD, la difficulté à réguler et à gérer les émotions et les comportements joue un rôle important dans plusieurs troubles psychologiques, comme le trouble de la personnalité limite ; cette difficulté serait le résultat d'une combinaison de multiples facteurs, illustrés dans ce que l'on appelle le « modèle biosocial et dialectique ».
La théorie biosociale de la personnalité soutient qu'il n'existe pas de cause unique au développement du trouble de la personnalité limite, mais plutôt un trouble multifactoriel.
Selon cette théorie, le fonctionnement mental résulte de l'interaction de facteurs tempéramentaux, biologiques et environnementaux ; parmi ceux-ci, on retrouve une grande vulnérabilité émotionnelle initiale et un environnement défavorisant durant l'enfance.
Vulnérabilité émotionnelle
La vulnérabilité émotionnelle se caractérise par une hypersensibilité aux situations émotionnellement déclenchantes et par des émotions d'une grande intensité (tempête émotionnelle). Pour gérer cette tempête émotionnelle, la personne adopte des réactions extrêmes ou dramatiques qui durent longtemps et sont difficiles à apaiser.
Environnement invalidant
Un environnement invalidant pendant l'enfance est un environnement négligent, inhospitalier, ou qui a dénigré l'enfant et n'a pas réussi à le soutenir dans les processus d'harmonisation et de régulation des émotions.
« J'ADORE CETTE THERAPIE !
… La thérapie comportementale dialectique (TCD) m'a énormément aidée à me stabiliser.
J'attends mes séances de thérapie avec impatience chaque semaine. »
(Témoignage d'une cliente)
Qu'est-ce que le Brainspotting ?
Brainspotting représente la pointe de la thérapie du traumatisme, offrant un pont entre la guérison cognitive et la récupération corporelle. Alors que notre cerveau sert de vaste référentiel d’expériences, notre corps contient également des souvenirs, des émotions et des traumatismes. Brainspotting met en lumière ces éléments souvent cachés et ouvre la voie à la guérison et à l’intégration corps-esprit. Brainspotting, tel que décrit par le Dr David Grand, repose sur la croyance fondamentale selon laquelle « l’endroit où vous regardez affecte la façon dont vous vous sentez ». Cette approche thérapeutique axée sur le regard, basée sur la capacité du cerveau à s’auto-analyser et à s’auto-guérir, témoigne des incroyables capacités neuroplastiques du cerveau. En accédant et en traitant les traumatismes non résolus, Brainspotting permet une reconfiguration des voies neuronales, favorisant un profond sentiment de guérison et d'intégration.
La connexion cerveau-corps : comment fonctionne Brainspotting ?
La relation symbiotique entre notre cerveau et notre corps est fondamentale pour le processus de Brainspotting. Lorsqu'un traumatisme survient, ce ne sont pas seulement nos centres cognitifs qui sont affectés ; notre corps garde l’empreinte de ces événements. En focalisant le regard, Brainspotting exploite ce système interconnecté, ciblant les voies neuronales qui stockent les expériences émotionnelles et somatiques. Cela permet de libérer non seulement les traumatismes psychologiques, mais aussi les contraintes physiques qui peuvent en découler.
L'impact profond de la musique bilatérale sur Brainspotting
Nos sens auditifs jouent un rôle crucial dans le parcours Brainspotting. La thérapie Brainspotting intègre la musique bilatérale, une technique qui alterne les sons entre les oreilles gauche et droite, créant un rythme thérapeutique. Cette expérience auditive aide à harmoniser le système cerveau-corps, facilitant une connexion plus profonde et amplifiant le potentiel de guérison.
Que se passe-t-il lors d'une séance de Brainspotting ?
Lorsque vous entrez dans une séance de Brainspotting, votre psychothérapeute commence à préparer le terrain pour une transformation profonde. Alors que la musique bilatérale commence à jouer, votre thérapeute vous aide à localiser le « point » qui résonne avec le traumatisme ou la forme de détresse que vous souhaitez aborder. Il ne s’agit pas seulement d’une exploration de l’esprit, mais aussi d’un voyage physique, libérant le potentiel de guérison du corps.
Les nombreux avantages du Brainspotting : au-delà de l'esprit
Brainspotting étend sa portée thérapeutique bien au-delà de la guérison mentale. Aborde les empreintes physiques non réalisées laissées par le traumatisme, permettant d’alléger les fardeaux émotionnels et de libérer les limitations physiques. Les artistes, les sportifs et les professionnels peuvent en bénéficier. Du flux créatif d’un artiste aux prouesses physiques d’un athlète, Brainspotting propose une approche holistique, améliorant à la fois l’acuité mentale et les performances physiques.
Pourquoi Brainspotting est-il supérieur aux autres thérapies ?
Ce paysage thérapeutique diversifié de Brainspotting offre une myriade de traitements, chacun avec ses propres mérites. Cependant, l’avantage distinctif de Brainspotting réside dans son approche intégrée, qui aborde à la fois les éléments cognitifs et somatiques. En exploitant la connexion cerveau-corps et en utilisant la musique bilatérale, il offre une profondeur et une ampleur inégalées en thérapie. Le Brainspotting peut apporter une libération, mais il promet également une transformation. Cette technique travaille sur les bases neurologiques du traumatisme.
• Brainspotting peut compléter la thérapie par la parole pour favoriser une guérison émotionnelle profonde et la résolution des traumatismes.
• Des études démontrent l’efficacité du brainspotting dans la réduction des symptômes du trouble de stress post-traumatique, de la dépression et de l’anxiété.
• Brainspotting propose une approche ciblée pour traiter des déclencheurs et des réponses spécifiques aux traumatismes.
Brainspotting est une technique thérapeutique qui utilise le champ visuel pour accéder et traiter les émotions profondes, les traumatismes et la détresse psychologique. Développé par le Dr David Grand, il consiste à identifier les « points cérébraux », les positions des yeux liées à l’activation émotionnelle, pour faciliter la guérison et la libération grâce à la connexion corps-esprit. La thérapie par la parole traditionnelle constitue la pierre angulaire du traitement de la santé mentale, offrant un espace sûr aux clients pour explorer leurs pensées, leurs émotions et leurs comportements. Cependant, certaines personnes peuvent rencontrer des obstacles à l’expression verbale ou avoir des difficultés à accéder à un traumatisme profond par des moyens conventionnels. C'est là qu'intervient le brainspotting . En incorporant le brainspotting aux modalités thérapeutiques traditionnelles, les praticiens peuvent s’appuyer sur son approche non verbale et axée sur le corps pour faciliter la guérison. L’accent mis par Brainspotting sur la connexion corps-esprit permet aux clients d’accéder et de traiter les émotions à un niveau viscéral, contournant les limites de la communication verbale. Cela peut être particulièrement utile pour les personnes souffrant de troubles liés à un traumatisme, comme le syndrome de stress post-traumatique, chez qui la verbalisation d’expériences traumatisantes peut être difficile ou retraumatisante. De plus, le Brainspotting complète d’autres techniques thérapeutiques en offrant une approche ciblée pour traiter des déclencheurs émotionnels et des réponses traumatiques spécifiques. La recherche soutient l’efficacité de la combinaison du brainspotting avec d’autres modalités thérapeutiques.
Un autre avantage du Brainspotting en tant que thérapie complémentaire est sa capacité à améliorer l’engagement et la motivation du client. En intégrant des techniques expérientielles qui ciblent directement la réponse physiologique du corps au traumatisme, le brainspotting peut fournir aux clients des preuves tangibles de progrès et d’autonomisation.
Conclusion, le brainspotting offre un complément précieux aux modalités thérapeutiques traditionnelles, améliorant la profondeur et l’efficacité du traitement de santé mentale.
Références Grand, D. (2019)
S'il vous arrive de répéter certains schémas inadaptés, acquis dans votre enfance, et qui vous font souffrir au quotidien, il est possible de vous en débarrasser grâce à la thérapie des schémas.
Qu'est-ce que la thérapie des schémas ?
La thérapie des schémas, créée par le psychologue Young dans les années 1990, est une thérapie qui rejoint les autres TCC (thérapies cognitives comportementales) avec une approche mélangeant des techniques émotionnelles, cognitives, comportementales, et interpersonnelle. Les méthodes auxquelles cette thérapie a recours mettent vos émotions au cœur de l'évaluation psychopathologique et du processus de changement entrepris.
Si vous souffrez de troubles de la personnalité, d'anxiété, ou de dépression, principalement à cause de schémas que vous répétez au cours de votre vie, vous pouvez avoir recours à cette méthode psychothérapeutique pour vous en débarrasser.
La thérapie des schémas, par définition, vise à identifier les schémas inadaptés que vous avez intégré, notamment dans l'enfance, et que vous êtes amené à reproduire face à certaines situations, parfois de manière inconsciente, pour vous permettre de vous en libérer.
Que permet la thérapie de schémas ?
Le premier objectif de cette thérapie est d'associer les situations difficiles que vous vivez à des souvenirs anciens, en analysant vos émotions, et en les mettant en lien avec les émotions identiques que vous avez pu ressentir dans le passé.
Ainsi, le travail thérapeutique peut identifier les parties de votre personnalité, et vos modes de fonctionnement. Vous pourrez ainsi apprendre à mieux les reconnaître et comprendre comment et pourquoi ils ressurgissent dans certaines situations de votre quotidien.
Quels sont les troubles que cette thérapie peut soigner ?
Vous pouvez avoir recours à cette thérapie lorsque certains éléments constituant votre personnalité vous font souffrir ou provoquent certaines difficultés de fonctionnement chez vous. La thérapie des schémas est indiquée si vous souffrez de :
• Troubles dépressifs persistants ou de dysthymie (dépression légère mais chronique) ;
• Troubles anxieux comme l'anxiété généralisée ou l'anxiété sociale ;
• Troubles alimentaires légers à modérés ;
• Troubles de la personnalité, borderline par exemple.
Comment se déroule la thérapie des schémas ?
Lorsque vous démarrez une thérapie des schémas, le thérapeute commence par analyser objectivement votre problème psychique, à l'aide d'un questionnaire par exemple, et peut le partager ouvertement avec vous. Ensuite, un plan de changement est mis en place, utilisant divers outils auxquels on peut avoir recours dans le cadre d'une thérapie des schémas comme des exercices de :
• Visualisation et imagerie ;
• Reparentage ;
• Restructuration cognitive ;
• Technique de la chaise vide, etc.
La thérapie des schémas, à travers ces divers tests et exercices permet de réduire les modes de fonctionnement qui vous nuisent en les faisant évoluer vers des modes plus sains.
Pour qui la thérapie des schémas est-elle contre-indiquée ?
Il est important de noter que la thérapie des schémas est généralement contre-indiquée si vous souffrez d'un trouble psychiatrique sévère comme :
• Un trouble dépressif de forte intensité ;
• Une crise psychosociale ;
• De la toxicomanie ;
• Des symptômes psychotiques envahissants ;
• Une déficience intellectuelle modérée à sévère ;
• Une crise suicidaire due à un trouble de la personnalité ;
• Un trouble alimentaire sévère (anorexie ou boulimie) qui nécessite une hospitalisation.
Ces cas sont considérés comme des cas cliniques et nécessitent une hospitalisation ou un accompagnement plus spécifique.
Combien de séances faut-il pour guérir ?
Si la thérapie des schémas peut, dans certains cas, s'étaler sur de nombreuses séances, son efficacité commence à se remarquer progressivement après les premières.
La durée de la thérapie est variable d'un patient à un autre, en fonction du nombre schémas sur lesquels travailler, et votre rythme de progression. Chez certaines personnes elle peut être complétée jusqu'à 45 à 50 séances.
Il faut également prendre en compte que la thérapie des schémas demande votre volonté et votre motivation personnelle pour effectuer des exercices en autonomie entre les séances, parfois tirés de livres spécifiques.
Qui consulter ?
La thérapie des schémas peut être pratiquée par un thérapeute dûment formé, à savoir qu'elle nécessite une formation particulière.
Votre thérapeute Opinet Delphine a été formée à la Thérapie des Schémas par le Docteur Bernard PASCAL (auteur du livre « La Thérapie des schémas » Éditions Elsevier Masson), suit régulièrement des supervisions et actualise assidûment ses connaissances, notamment lors des Congrès de l'institut français de thérapie des Schémas, pour la sécurité des personnes suivies par ses soins.
Qu'est-ce que la thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT) ? Comment peut-elle améliorer nos vies ? Quels en sont les principes de base ?
Qu'est-ce que la thérapie ACT (thérapie d'acceptation et d'engagement) ?
La thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT) est une forme de psychothérapie qui met l'accent sur l'acceptation pour aborder les pensées, les sentiments, les symptômes ou les circonstances négatives. L'ACT encourage une plus grande implication dans des activités saines et constructives qui soutiennent vos valeurs ou vos objectifs.
L'ACT est une approche de thérapie cognitivo-comportementale de troisième génération qui vise à aider les personnes à accepter leurs pensées, sentiments, sensations et expériences internes difficiles, en les guidant vers une action fondée sur leurs valeurs.
Les thérapeutes ACT travaillent selon une théorie qui suggère qu'une plus grande acceptation peut mener à une plus grande flexibilité psychologique. Cette approche présente de nombreux avantages et peut aider les personnes à cesser d'éviter systématiquement certaines pensées ou expériences émotionnelles, ce qui peut engendrer d'autres problèmes.
La troisième génération de TCC
L'ACT n'est pas la seule thérapie de troisième génération, mais voyons ce que cela signifie.
La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est une approche psychothérapeutique et un ensemble de techniques issues de la combinaison de la thérapie comportementale (ou béhaviorisme) et de la thérapie cognitive d'Aaron Beck. La TCC classique, pratiquée des années 1960 aux années 2000, demeure l'une des principales écoles de thérapie.
Depuis le début du millénaire, de nouvelles approches se sont développées au sein de la thérapie cognitivo-comportementale, ouvrant la voie à de nouvelles perspectives et à de nouvelles pratiques.
Il est important de souligner que toutes les formes de TCC reposent sur un principe simple : les processus internes influencent les situations externes, et une fois modifiés, ces processus peuvent entraîner des changements dans l'état interne d'une personne. Nos pensées et nos émotions face aux événements nous influencent autant, voire plus, que les événements eux-mêmes.
Première vague de thérapie cognitivo-comportementale
La première vague de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) diffère radicalement de la psychanalyse, méthode de traitement des névroses développée par Sigmund Freud et scientifiquement encore peu développée.
La première vague de TCC utilise les principes de l'apprentissage opérant et du conditionnement classique.
Fondée sur des données empiriques et des recherches, elle a été utilisée dans les années 1940 comme traitement de courte durée pour les dépressions et anxiétés sévères chez les vétérans de retour de la Seconde Guerre mondiale. À cette époque, plusieurs décennies de recherches avaient permis d'élaborer un guide pratique pour des thérapies brèves qui apportaient un soulagement significatif aux vétérans.
La deuxième vague de la thérapie cognitivo-comportementale
La deuxième vague de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est issue de la thérapie cognitive d'Aaron Beck.
Fondée sur le modèle cognitif, elle postule que les individus sont davantage influencés négativement par leurs pensées et schémas de pensée automatiques concernant les événements négatifs que par les événements eux-mêmes.
De plus, certaines situations peuvent déclencher des réactions physiologiques automatiques, telles qu'une accélération du rythme cardiaque, des sueurs ou une augmentation de la pression artérielle, qui peuvent être interprétées cognitivement comme une conscience d'un danger perçu alors qu'en réalité, il n'y a aucune menace. Autrement dit, nos suppositions et nos présomptions nous contrôlent et influencent nos réactions bien plus que les événements eux-mêmes.
La TCC de deuxième génération aide les personnes à identifier leurs pensées automatiques, ces réflexions qui surviennent sans même y penser. Elles peuvent ainsi apprendre à identifier et à évaluer leurs distorsions cognitives et leurs pensées automatiques.
Troisième vague des thérapies cognitivo-comportementales : de 1990 à nos jours
Les thérapies cognitivo-comportementales de troisième vague diffèrent de celles de deuxième vague à plusieurs égards.
Les thérapies de deuxième vague de Beck visent à réduire et à éliminer les symptômes des problèmes en modifiant les comportements, tandis que les thérapies de troisième vague abordent des objectifs de vie plus globaux.
Ces thérapies mettent toujours l'accent sur le comportement ; après tout, ce sont nos comportements visibles qui influencent l'ensemble du contexte social, psychologique et professionnel. La vie et tout ce qu'elle contient sont guidés par nos comportements, comme le soulignent les psychologues.
Les thérapeutes de troisième vague ne se contentent pas de modifier nos pensées ; ils aident les personnes à changer leur façon de penser et de réagir face aux situations difficiles.
La TCC de troisième vague privilégie l'acceptation de nos pensées dans leur contexte plutôt que de les juger bonnes ou mauvaises.
Il existe de nombreuses thérapies de troisième vague, ne l'oublions pas :
● Thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (MBCT)
● Réduction du stress basée sur la pleine conscience (MBSR)
● Thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT)
● Thérapie axée sur la compassion (CFT)
● Thérapie comportementale dialectique (TCD)
● Activation comportementale (AC)
Toutes ces thérapies partent du principe que les individus sont capables d'évoluer et de changer. Des recherches préliminaires ont démontré l'efficacité de ces traitements, bien que des études plus approfondies soient nécessaires pour tirer des conclusions définitives.
Il est indéniable que les différentes phases de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) ont permis le développement et la diffusion de traitements plus efficaces pour des millions de personnes, contribuant ainsi à une meilleure santé mentale et à une plus grande satisfaction de vie.
Les principes de l'ACT
L'ACT utilise six processus pour aider les personnes à développer leur flexibilité psychologique, c'est-à-dire la liberté de choisir leurs actions indépendamment de leurs expériences internes.
Les six processus de l'ACT sont :
1. Identifier ses valeurs : il s'agit des aspects de votre vie qui sont suffisamment importants pour vous inciter à agir. C'est reconnaître ce que vous voulez être et représenter.
2. Action engagée : Ce processus implique de modifier son comportement en fonction des principes abordés en thérapie. Ces actions concrètes peuvent nous rapprocher ou nous éloigner de nos valeurs.
3. Soi comme contexte ou Soi comme observateur : il s'agit d'apprendre à dissocier ses pensées de ses actions. Ce faisant, on peut accueillir ses pensées et ses sentiments sans s'y laisser enfermer.
4. Technique de défusion : La défusion cognitive consiste à prendre du recul par rapport à ses expériences internes. Cela permet de percevoir les pensées comme de simples pensées, sans l'importance que l'esprit leur attribue. Parmi les exercices utiles, on peut citer : imaginer ses pensées comme des nuages puis les regarder s'éloigner, établir des liens entre ses pensées et ses valeurs, ou encore chanter ses pensées avec des voix amusantes.
5. L'acceptation : Accepter, c'est laisser ses pensées et ses sentiments intérieurs se manifester sans chercher à les ne changer ni à les ignorer. C'est un processus actif. En thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT), on utilise des techniques spécifiques pour aider les clients à développer cette acceptation, comme la méditation d'autocompassion, l'exposition émotionnelle, la visualisation des émotions et des pensées, les affirmations positives, les exercices expérientiels et les métaphores.
6. Contact avec l'instant présent : la thérapie ACT vous encourage à rester attentif à votre environnement et à détourner votre attention de vos pensées et émotions internes. Cela implique un effort conscient et délibéré pour se concentrer sur le monde qui vous entoure dans l'instant présent.
Toutes ces valeurs se retrouvent dans l'Hexaflex, modèle clé de la thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT).
Chacun des six processus fondamentaux structure l'analyse de cas et oriente le traitement.
L'intégration de ces six processus permet aux personnes de développer une flexibilité psychologique et la liberté de choisir leurs actions, même face à des pensées, des sentiments, des sensations et des impulsions très difficiles. Ces éléments ne constituent plus des obstacles à la réalisation de leurs valeurs.
Comment la Thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT) est née
La thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT) a été développée en 1982 par Steven C. Hayes et a commencé à gagner en popularité à la fin des années 1980. L'ACT se distingue de nombreuses autres thérapies et orientations théoriques en ce qu'elle ne cherche pas à modifier le contenu des pensées du client. Son objectif n'est pas d'éliminer les émotions difficiles, mais plutôt d'aider les clients à développer leur conscience du moment présent et à adopter des comportements en accord avec leurs valeurs.
Grâce à l'ACT, les clients apprennent à ne pas surréagir aux émotions désagréables et à ne plus éviter les situations qui les déclenchent. Ils apprennent également à distinguer leurs perceptions erronées de la réalité. Ceci est réalisé grâce à plusieurs techniques, dont celle de reconnaître leurs pensées comme des pensées, et non comme des faits.
La thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT) postule que la douleur est omniprésente et fait partie intégrante de la vie. C'est la façon dont on perçoit et envisage sa douleur, plutôt que la douleur elle-même, qui contribue à la souffrance.
Grâce à l'utilisation de métaphores, de paradoxes et d'exercices expérientiels, les participants apprennent à établir un contact sain avec des pensées, des sentiments, des souvenirs et des sensations physiques qu'ils craignaient et évitaient auparavant. Ils acquièrent ainsi les compétences nécessaires pour repenser et accepter ces expériences intimes, clarifier leurs valeurs personnelles et s'engager à modifier leur comportement pour vivre en accord avec ces valeurs.
L'ACT considère la rigidité psychologique comme la cause profonde de la souffrance humaine et des troubles psychiatriques. Les personnes qui passent leur vie à éviter les situations ou les émotions désagréables, à s'inquiéter du passé ou de l'avenir, à vivre selon des règles rigides quant à leur comportement, à croire que leurs pensées négatives à leur sujet sont vraies et à manquer de valeurs définies, ont tendance à être malheureuses. Par une série d'interventions et d'exercices expérientiels, l'ACT vise à favoriser l'acceptation et, à terme, la flexibilité psychologique.
Thérapie d'acceptation et d'engagement et douleur
Essayons de comprendre comment la douleur est perçue afin d'utiliser les concepts de la thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT). On peut dire que la douleur et la souffrance sont tout à fait normales dans toutes les circonstances de la vie.
Dans la société contemporaine, on nous fait croire que posséder le dernier produit à la mode, s'habiller selon les tendances ou se tenir au courant des dernières actualités nous apporterait le bonheur et nous libérerait de la souffrance. Si ces nouveautés, ces modes ou ces actualités ne soulagent pas notre souffrance ni ne nous rendent heureux, il existe des pilules et des boissons (certaines légales, d'autres non) censées nous apporter le bonheur et faire disparaître notre souffrance. Ce que la société moderne refuse d'admettre, c'est que la souffrance est ce qui nous rend pleinement humains.
La souffrance et l'adversité existent depuis toujours. Lorsque nous souffrons, nous sommes liés au destin commun de ceux qui nous ont précédés et de ceux qui nous suivront. La souffrance n'est grave que si nous en sommes responsables. Si nous pensons avoir droit à une vie de confort, alors une vie de souffrance est tout simplement injuste, et qui apprécie un monde injuste ? Mais si nous croyons que la vie est un chemin de croissance, et que cette croissance implique une certaine dose de douleur et de souffrance, alors il n'y a rien d'injuste à cela.
La souffrance nous fait apprécier davantage les moments de confort. Si la vie était confortable en permanence, nous ne pourrions pas apprécier les instants de bien-être. Il n'y aurait rien à quoi comparer le confort. Les alpinistes endurent volontairement des souffrances atroces, souvent pendant des semaines, dans leur quête du sommet. Ils risquent leur vie, endurent le mal de l'altitude, des crevasses et des glaciers sans fond, des tempêtes de montagne, la cécité des neiges et des orages soudains – tout cela pour goûter aux nombreux moments de confort et de satisfaction intenses qu'offre le sommet.
La souffrance n'est pas une atteinte à notre estime de soi. La culture occidentale est profondément ancrée dans la croyance que toute forme de souffrance, qu'elle soit financière, physique, émotionnelle, familiale ou autre, résulte d'un sentiment d'indignité. Si nous adhérons à cette idée, alors notre souffrance légitime est amplifiée par une souffrance inutile.
En quoi les valeurs diffèrent-elles des objectifs ?
En thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT), les valeurs sont les principes qui guident vos comportements.
Contrairement aux objectifs, les valeurs ne sont jamais figées. Elles impliquent plutôt un comportement continu : elles orientent vos choix et vos décisions en fonction de la personne que vous aspirez à devenir.
Valeurs et objectifs dans la thérapie d'acceptation et d'engagement
Nous ne choisissons pas nécessairement nos valeurs. Elles se développent plutôt tout au long de notre vie en fonction des problèmes que nous rencontrons et de la manière dont nous choisissons de les résoudre. Si nous ne pouvons pas choisir nos valeurs, nous pouvons en revanche les identifier.
Une valeur implique un comportement continu. Par exemple, « Je veux traiter ma famille avec respect » est une valeur car le comportement qui y est associé doit être constant pour que la valeur soit respectée. Il ne suffit pas d'agir avec respect envers sa famille et de considérer cela comme terminé.
La perspective ACT sur la pleine conscience
La pleine conscience est un sujet de débat intense en psychologie occidentale ces derniers temps, de plus en plus reconnue comme une intervention thérapeutique puissante pour gérer le stress au travail, la dépression et même comme un outil efficace pour développer l'intelligence émotionnelle.
La thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT) est une thérapie puissante basée sur la pleine conscience qui est actuellement à la pointe du domaine en termes de recherche, d'application et de résultats.
La pleine conscience est un état mental de conscience, de concentration et d'ouverture qui permet de s'engager pleinement dans chaque instant. En pleine conscience, les pensées et les émotions difficiles ont beaucoup moins d'impact, ce qui la rend extrêmement utile dans de nombreux domaines, allant des troubles psychiatriques graves à l'amélioration des performances sportives ou professionnelles.
Dans de nombreux modèles de coaching et de thérapie, la pleine conscience est enseignée principalement par la méditation.
Cependant, en thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT), la méditation n'est qu'une des nombreuses méthodes pour acquérir ces compétences, et c'est une bonne chose, car la plupart des gens n'apprécient pas la méditation ! L'ACT propose un large éventail d'outils pour apprendre les techniques de pleine conscience, dont beaucoup ne nécessitent que quelques minutes pour être maîtrisés.
L'ACT divise les compétences de pleine conscience en 3 catégories que nous avons déjà vues :
1) Défusion : Prenez du recul et abandonnez les pensées, croyances et souvenirs inutiles.
2) Acceptation : Faire de la place aux sentiments, aux pulsions et aux sensations douloureuses, en leur permettant d'aller et venir sans lutte.
3) Contact avec le moment présent : engagez-vous pleinement dans votre expérience ici et maintenant, avec une attitude d'ouverture et de curiosité.
À quoi sert la thérapie d'acceptation et d'engagement ?
Il a été démontré que la thérapie d'acceptation et d'engagement est efficace (souvent en association avec d'autres traitements) dans le traitement de :
● Anxiété
● Dépression
● Troubles de l'alimentation
● Trouble obsessionnel-compulsif (TOC)
● Stresser
● Abus de substances
● ….
